Nous sommes emmenés par un minibus du Théâtre de Brétigny-sur-Orge avec Dominique, Gaël et Philippe que j’ai rencontrés un instant auparavant, jusqu’aux magnifiques étangs de Vert-le-Petit.
De grands étangs, dans lesquels quelques hommes pêchent à la ligne. Assises dans l’herbe verte, des familles pique-niquent avec leurs enfants. Le soleil illumine les buissons qui ondulent sous la brise, la forêt autour, on se croirait dans un tableau de Renoir.
C’est ici que le Théâtre de l’Unité jouait hier soir son Oncle Vania d’après Tchekhov. Une version magnifique, hilarante, très vive et très libre de cette histoire d’êtres emplis de regrets d’avoir gâché leur vie, en quête éperdue d’un rayon d’espoir et d’amour. L’Unité révèle tout le potentiel comique de la pièce sans pour autant en évacuer totalement la profonde mélancolie.
Les comédiens sont formidables (notamment Panxo Jimenez dans un Oncle Vania athlétique, plein de rage, de fougue et de désespoir jusqu’à l’absurde, Catherine Fornal dans le rôle de la belle calculatrice Elena, Marcel Djondo dans celui de Marina, une hilarante servante indolente).
Le texte de Tchekhov est entrecoupé de tordants commentaires en off d’Hervée de Lafond, de sms aburdes d’un public imaginaire qui défilent sur une chaînette en métal au premier plan comme au bas d’un écran télé.
On se roule dans les ballots de paille, on court dans la verdure, on danse et on chante, on agite des drapeaux rouges. Au loin, des silhouettes de moujiks et de paysannes russes à fichus colorés qui lavent le linge, ramassent du bois.
C’est drôle, généreux, plein d’allant. Ça me donne envie de courir moi aussi en robe blanche dans la campagne.
Oncle Vania du Théâtre de l’Unité, vu à Brétigny-sur-Orge.