Au Festival d’Automne cette année, Woyzeck on the Highveld du Handspring Puppet Theatre de Cape Town et de William Kentridge. Une oeuvre majeure de l’art de la marionnette, me dit-on dans le programme, ce qui éveille ma curiosité.
Kentridge, qui est plasticien, réalise de magnifiques animations au fusain qui deviennent décor mouvant de paysages en noir et blanc, ciels étoilés sur lesquels apparaissent des formes étranges, des objets qui révèlent les pensées secrètes des personnages… Ça me donne envie d’essayer le fusain.
Les marionnettes me plaisent moins, j’ai du mal à éprouver une quelconque empathie pour ces personnages de bois, même si j’ai plaisir à regarder l’extrême concentration des manipulateurs, leurs yeux rivés sur Woyzeck, Maria et les autres, leur souffle retenu à chaque micro-mouvement d’une tête, d’un bras… Un très beau rhinocéros volant !
L’histoire de Woyzeck se trouve donc transposée sous l’apartheid, et les personnages sont des marionnettes. Pauvres pantins que nous sommes ? Je crois que personne ne nous manipule, que nous sommes bien assez cons pour nous auto-manipuler tout seuls.
Woyzeck on the Highveld du Handspring Puppet Theatre, vu au Centre Georges Pompidou, dans le cadre du Festival d’Automne 2009.