
© Massimo Furlan
Un travail à la frontière du théâtre et de l’installation, inspiré par le punk métal de Killing Joke (qui est, soit dit en passant, probablement l’un des meilleurs noms de groupe au monde).
Massimo Furlan, artiste italien né en Suisse, met en scène des performances qui revisitent les moments forts de sa vie, et particulièrement son enfance. Dans You can speak, you’re an animal, Furlan explore sa fascination pour le groupe anglais Killing Joke, et les frontières entre humanité et animalité. Les personnages incarnent chacun une étape de transition entre homme et animal : le néanderthalien en slip en fourrure ; l’idiot du village figé dans un inquiétant sourire stupide et béat ; Jaz Coleman (chanteur de Killing Joke, interprété par Furlan) ; et deux ours. Autour d’eux gravitent des femelles étranges, sorcières en longues robes noires, ou girls de cirque en short pailletés.
Un très beau dispositif sépare le public du plateau par un écran de fumée dans lequel les volûtes blanches s’enroulent en spires, ce qui permet des fondus enchaînés entre les divers tableaux. Car au final, c’est essentiellement une suite d’excellentes chansons de Killing Joke, plus ou moins « illustrées » par les gestuelles très très très lentes des acteurs et actrices… Si la première image est terriblement efficace et me donne immédiatement envie de secouer ma moumoute de haut en bas, je suis néanmoins assez vite déçue par le contenu des images proposées par Furlan et Ribaupierre, bien en dessous de la puissance lyrique des chansons de Killing Joke. Ce n’est que vers la moitié du spectacle (qui dure 1h20) que l’apparition de Furlan déguisé en Jaz Coleman me remet sur les rails. Cet espèce de clown sinistre nous explique au moyen de ce superbe écran de fumée comment l’humain et l’animal se mélangent. Les tableaux suivants sont plus enlevés, et le tout finit en apothéose de kitsch à l’italienne, dans le style Rai Uno, qui m’évoque vaguement le travail de Pipo del Bono.
Au final je sors plutôt contente du spectacle, même s’il m’a davantage semblé regarder un gros écran télé plutôt que du théâtre.
You can speak, you’re an animal de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre, vu au Théâtre de Cité internationale de Paris.
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