
photo © D. Matvejev
Le titre est magnifique. L’immédiat, ce qui se passe là tout de suite sous nos yeux : quelle meilleure définition du théâtre ?
Le plateau est encombré d’un indescriptible fatras d’objets : tables, chaises, portes, boîtes, bouteilles, câbles, lampes, etc… Tout va s’écrouler, s’effondrer, se renverser dans l’éblouissant et hilarant début du spectacle. Les personnages, eux-mêmes bancals, pris de tics et de soubresauts, s’affalent comme des pantins désarticulés sur les objets, les brisent en morceaux, tentent de se raccrocher à une immense échelle qui elle-même tombe à travers le plateau… Réactions en chaîne, qui font l’épine dorsale de ce travail sur l’équilibre et le déséquilibre.
C’est plein d’idées, c’est du bricolage à la fois génial et dérisoire. Le monde s’écroule et nous avec. Pourtant l’on reste digne, du mieux qu’on peut.
Ovation dans la salle, amplement méritée.
L’immédiat de la Mère Boitel, vu au Théâtre de la Cité Internationale de Paris.