Les déplacements du problème

Grand Magasin : Les déplacements du problème

J’ai tout entendu, j’ai à peu près compris, et ça m’intéresse assez.
Enfin je crois.

Les déplacements du problème de Grand Magasin c’est à peu près ça : une conférence loufoque par 3 personnages qui nous présentent une série d’objets leur permettant d’exposer les différentes façons du « non-entendre » et du « non-comprendre ».

Sur un ton volontairement plat et sérieux, les trois comédiens nous font par exemple la démonstration de « la machine à doute » : ils lancent une assertion quelconque (« le bus 327 y va directement ») et lorsqu’ils appuient sur une pédale d’effets, la machine ajoute « sauf erreur », ou « enfin, il me semble », en recopiant leur voix.
Ou bien un « micro contradicteur » : il suffit qu’on prononce une phrase dedans pour qu’il reproduise la phrase contraire.

Bref, on assiste aux mille et une manières dont les bruits extérieurs, ou notre facilité à perdre le fil, font qu’une conversation fonctionne à moitié, voire pas du tout. Comment le sens se perd entre deux locuteurs dont la voix est couverte par le bruit d’un aspirateur, d’un marteau-piqueur, d’une musique trop forte…

C’est souvent très drôle tellement c’est absurde. Mais je me demande ce qu’il m’en restera après quelques jours… ? Car parfois j’avais quand même l’impression d’un bout à bout d’effets certes amusants, mais qui ne font jamais vraiment corps. Sauf, au sens littéral, pour le « bouquet final » qui est un hilarant ballet où les 3 comédiens symbolisent avec force moulinets des bras toutes les possibilités entre entendre/comprendre/ça m’intéresse ou pas, ce qui donne une série de « j’ai tout entendu, je n’ai rien compris, ça m’intéresse beaucoup », « je n’ai rien entendu, j’ai moyennement compris, ça ne m’intéresse pas du tout », « j’ai moyennement entendu, j’ai tout compris, ça ne m’intéresse pas tant que ça », etc.

Ça me fait un peu penser à la démonstration du parc d’attraction nul dans La mélancolie des dragons de Philippe Quesne. Sauf que pour le coup, Quesne construit un univers complet, des personnages auxquels on s’attache, une espèce de parcours. Ici chez Grand Magasin, les trois comédiens sont parfaits de dinguerie mais je ne sais pas bien où ils nous emmènent. Nulle part peut-être. Je crains que ça ne me manque un peu.

Les déplacements du problème de Grand Magasin, vu au Théâtre de la Cité internationale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>