
Adèll Nodé-langlois : Carnets d’une voleuse – photo © Alain Julien
Adèll Nodé-langlois est une douce jeune femme à la crinière rousse. C’est aussi une comédienne et clown de grand talent. Je l’ai vue l’autre soir avec son camarade musicien Mayeul Loisel, ils jouaient « Carnets d’une voleuse » à Confluences.
Ces « Carnets d’une voleuse », c’est un très beau rêve grinçant qui mêle toute la finesse clownesque et théâtrale d’Adèll avec le bel univers sonore inventé et joué par Mayeul. Adèll, avec son petit manteau noir, ses ailes d’anges et sa bouille quasi animale, incarne Jean Genet, le Jean Genet du Miracle de la rose. Dans sa cellule de prison, Jean-Adèll est un être double, à la fois drôle et sinistre, mignon et inquiétant, bizarre et touchant, louche et gracieux, qui dit son amour brûlant pour l’assassin Harcamone, le bel Harcamone, le divin Harcamone…
Les gestes sont précis, la langue ciselée et parfois zozotante de désir aussi. La musique s’enroule en volûtes autour de Jean-Adèll, elle dit le mélange de beauté et de noirceur de ce qui se vit dans ce cachot.
C’est un travail encore jeune (créé au printemps 2010), qui parfois s’étire un peu inutilement ou flotte dans quelques images (les haricots dans la bouche, le lit qui se transforme en cage) mais j’y ai pris beaucoup de plaisir et j’en ressors toute troublée…
« Carnets d’une voleuse » d’Adèll Nodé-langlois et Mayeul Loisel, vu à Confluences, dans le cadre de la carte blanche à Catherine Boskowitz (jusqu’au 15 décembre 2010).